Conciliateur, médiation, SignalConso, tribunal : dans quel ordre agir ?
En 30 secondes
Dans un litige de consommation, la première étape est toujours une réclamation directe auprès du vendeur, par écrit et avec preuve de l'envoi. Si le professionnel ne répond pas ou répond à côté, SignalConso permet un signalement officiel auprès de la DGCCRF mais ne tranche pas le litige. La médiation de la consommation est accessible après réclamation écrite préalable (art. L.612-2 du Code de la consommation), dans un délai d'un an, et peut aboutir à une solution amiable sans frais pour le consommateur. Le conciliateur de justice est une autre voie amiable gratuite, utile quand le dialogue est bloqué et qu'un tiers neutre peut remettre les parties en contact. Le tribunal reste la dernière option lorsque les voies amiables ont échoué et que le dossier est suffisamment structuré. Evitez de lancer toutes ces démarches en parallèle : choisir la bonne étape selon le blocage rencontré est plus efficace que la dispersion.
Quand le vendeur bloque, beaucoup de consommateurs se retrouvent face à quatre mots qu'ils entendent sans vraiment savoir dans quel ordre les utiliser : SignalConso, médiation, conciliateur, tribunal.
Le problème n'est pas seulement juridique. Il est stratégique. Si vous sautez une étape utile, vous pouvez perdre du temps. Si vous enchaînez des démarches mal choisies, vous fatiguez votre dossier et vous vous épuisez vous-même.
Cette page sert à remettre de l'ordre.
La logique générale
Dans un litige de consommation, la logique la plus saine est souvent la suivante :
- tenter un recours amiable direct auprès du vendeur ;
- formaliser si nécessaire par écrit ;
- utiliser les outils de signalement ou de résolution amiable adaptés ;
- n'aller au tribunal que lorsque c'est cohérent avec l'état réel du blocage.
La DGCCRF rappelle clairement qu'avant de vous engager dans une procédure, il faut d'abord tenter un recours amiable auprès du professionnel.
Fiche DGCCRF : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/comment-regler-un-litige-de-la-consommation
Commencer par la réclamation directe
Avant de parler de médiation ou de tribunal, il faut généralement avoir :
- contacté le vendeur ;
- exposé le problème ;
- gardé la preuve de cette démarche ;
- et, si nécessaire, adressé un écrit plus structuré.
Cette étape est importante pour deux raisons :
- elle peut résoudre le dossier rapidement ;
- elle conditionne parfois l'accès à la médiation.
Comprendre ce que fait SignalConso
SignalConso n'est pas un juge, ni un médiateur, ni un avocat. C'est la plateforme officielle de signalement des problèmes rencontrés avec un professionnel.
Plateforme : https://signal.conso.gouv.fr/
Explication officielle : https://www.economie.gouv.fr/particuliers/mes-droits-conso/gerer-un-litige
À quoi sert SignalConso ?
SignalConso permet notamment :
- de signaler un problème ;
- d'être orienté sur les démarches utiles ;
- parfois de faire remonter le signalement au professionnel ;
- de nourrir la surveillance menée par la DGCCRF.
Ce que SignalConso ne fait pas
SignalConso :
- ne rend pas de décision obligatoire ;
- ne vous attribue pas automatiquement un remboursement ;
- ne remplace pas une médiation ni une action judiciaire.
Quand l'utiliser
SignalConso est utile quand :
- le vendeur fait la sourde oreille ;
- vous voulez officialiser le problème ;
- vous avez besoin d'une orientation claire ;
- vous voulez laisser une trace formelle dans une démarche administrative.
Comprendre la médiation de la consommation
La médiation de la consommation est un dispositif amiable spécifique aux litiges entre consommateurs et professionnels.
Les règles figurent notamment aux articles L.612-1 à L.612-5 du Code de la consommation.
Référence Service public : https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F33338
Texte de loi mentionné sur Service public : articles L.612-1 à L.612-5.
Ce qu'il faut retenir
Le consommateur doit, avant de saisir le médiateur :
- avoir tenté de résoudre le litige directement avec le professionnel par une réclamation écrite ;
- agir dans le délai prévu, en général dans l'année qui suit cette réclamation écrite ;
- présenter un litige qui n'a pas déjà été examiné ailleurs dans le même cadre.
Ce que fait le médiateur
Le médiateur :
- examine le litige ;
- essaie de proposer une solution amiable ;
- intervient gratuitement pour le consommateur.
Ce que la médiation ne fait pas
Le médiateur n'est pas un juge. Il ne remplace pas une décision judiciaire.
Où se place le conciliateur de justice ?
Le conciliateur de justice est un tiers neutre, gratuit, qui peut aider à trouver un accord amiable.
Service public : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1736
La conciliation n'est pas identique à la médiation de la consommation. Elle est souvent utile quand :
- le dialogue est bloqué ;
- vous voulez remettre de l'ordre dans un litige local ou concret ;
- vous avez déjà un dossier lisible ;
- vous voulez une étape amiable structurée, mais plus souple qu'une procédure judiciaire.
Quand penser au tribunal
Le tribunal n'est pas une menace à brandir à la première difficulté. C'est une étape cohérente quand :
- le litige est sérieux ;
- vos demandes sont claires ;
- les étapes amiables ont échoué ou seraient manifestement inutiles ;
- vous disposez d'un dossier suffisamment structuré.
Le but de cette page n'est pas de vous pousser au contentieux. C'est de vous aider à y voir clair sur le moment où il devient pertinent.
L'ordre conseillé dans beaucoup de dossiers simples
Dans beaucoup de litiges classiques, l'ordre raisonnable ressemble à ceci :
1. Réclamation directe
Vous exposez le défaut, joignez vos preuves et demandez la solution adaptée.
2. Écrit plus structuré si besoin
Si le vendeur répond à côté, vous formalisez davantage.
3. SignalConso ou mise en demeure selon le contexte
SignalConso est utile pour signaler officiellement et obtenir de l'orientation. Une mise en demeure est utile quand vous devez marquer plus fermement votre demande.
4. Médiation ou conciliation selon le blocage
- Médiation si vous êtes dans le cadre classique de la consommation avec un professionnel identifié et un médiateur compétent.
- Conciliation si vous voulez encore tenter un accord amiable dans un cadre neutre et concret.
5. Tribunal si nécessaire
Quand les voies amiables n'aboutissent pas ou ne sont plus adaptées.
Exemples concrets
Exemple 1 - le vendeur ne répond plus du tout
Vous avez écrit deux fois. Silence complet.
Ordre utile :
- garder la preuve des relances ;
- formaliser un écrit clair ;
- utiliser SignalConso ;
- envisager ensuite médiation ou conciliation selon le dossier.
Exemple 2 - le vendeur répond, mais tourne en rond
Il répond à chaque fois, mais sans jamais traiter le fond : il parle de garantie commerciale, de SAV, d'expertise, puis renvoie à nouveau.
Ordre utile :
- demander une réponse écrite claire sur votre demande ;
- utiliser un écrit plus ferme ;
- envisager la médiation de la consommation ou le conciliateur de justice.
Exemple 3 - professionnel dans un autre pays de l'Union européenne
Le vendeur est établi dans un autre État membre.
Ordre utile :
- garder toutes les preuves ;
- ne pas se limiter au vendeur ;
- solliciter le Centre Européen des Consommateurs France : https://www.europe-consommateurs.eu/
La DGCCRF et le ministère de l'Économie rappellent aussi l'existence de ce recours utile.
Présentation : https://www.economie.gouv.fr/particuliers/mes-droits-conso/bien-consommer/protection-des-consommateurs-les-centres-europeens-vous-accompagnent
Choisissez plutôt la médiation de la consommation si :
- vous êtes face à un litige de consommation classique ;
- vous avez déjà adressé une réclamation écrite ;
- le professionnel dispose d'un médiateur compétent ;
- vous voulez un cadre amiable dédié à ce type de litige.
Choisissez plutôt le conciliateur de justice si :
- le dialogue est figé mais pas totalement mort ;
- vous voulez un tiers neutre pour remettre les parties autour de la table ;
- vous avez besoin d'une démarche gratuite, pratique et concrète.
Cas particulier : après un refus du vendeur
Quand vous avez déjà reçu un refus, l'erreur la plus fréquente consiste à se disperser :
- un mail à la marque ;
- un avis public ;
- un formulaire plateforme ;
- un message au magasin ;
- une menace de plainte ;
- un signalement isolé.
Ce qui aide vraiment, c'est de choisir une suite cohérente.
Si le refus est clair et écrit :
- vous avez déjà un point de départ solide pour la suite.
S'il est oral et flou :
- commencez par le faire clarifier par écrit.
Organismes et ressources utiles
- SignalConso : https://signal.conso.gouv.fr/
- DGCCRF / Économie : https://www.economie.gouv.fr/particuliers/mes-droits-conso/gerer-un-litige
- Service public - médiation de la consommation : https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F33338
- Service public - conciliateur de justice : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1736
- INC : https://www.inc-conso.fr/
- Centre Européen des Consommateurs France : https://www.europe-consommateurs.eu/
Ce qu'il faut retenir
Le bon ordre n'est pas toujours strictement le même. Mais la logique générale reste très stable :
- commencer par une réclamation directe ;
- garder la preuve de cette démarche ;
- choisir ensuite l'outil adapté au type de blocage ;
- ne pas confondre signalement, médiation, conciliation et action judiciaire ;
- utiliser le tribunal quand cela devient cohérent, pas par réflexe.
En pratique :
- SignalConso sert surtout à signaler et orienter ;
- la médiation sert à tenter une résolution amiable structurée dans le cadre de la consommation ;
- le conciliateur sert à remettre les parties autour d'un terrain d'entente ;
- le tribunal sert à trancher quand le reste ne suffit plus.
Si vous gardez cette logique, vous éviterez beaucoup d'énergie perdue et vous donnerez à votre dossier un parcours plus crédible.
Une erreur fréquente : croire qu'il faut tout faire en même temps
Beaucoup de consommateurs, épuisés, lancent en parallèle :
- des relances SAV,
- un signalement,
- une médiation,
- des avis publics,
- et parfois déjà des menaces de tribunal.
Cette dispersion donne une impression d'activité, mais elle ne renforce pas toujours le dossier. Ce qui aide vraiment, c'est une suite cohérente, avec un objectif clair à chaque étape.
Exemples concrets
Vendeur silencieux après deux relances
Vous avez écrit deux fois par email. Aucune réponse.
Formalisez une mise en demeure écrite avec date limite. Utilisez SignalConso pour signaler. Envisagez ensuite le conciliateur de justice ou la médiation selon le professionnel.
Vendeur qui tourne en rond sans traiter le fond
Le vendeur répond à chaque email mais renvoie vers le SAV, invoque la garantie commerciale et reporte indéfiniment.
Demandez une réponse écrite claire sur votre demande précise. Si ça continue, envisagez la médiation de la consommation ou la conciliation. Un tiers suffit souvent à sortir de cette logique.
Professionnel dans un autre pays de l'UE
Le vendeur est établi en Allemagne. Il refuse de rembourser un produit non conforme.
Gardez toutes les preuves. Contactez le Centre Européen des Consommateurs France : ils peuvent intervenir directement auprès du vendeur étranger.
Textes de référence
Ce que vous pouvez faire maintenant
Identifiez le recours adapté à votre cas.
- Chaque étape a un rôle précis - les confondre fait perdre du temps
- Des voies amiables gratuites existent avant d'aller au tribunal
- Un dossier bien ordonné est votre meilleur atout à chaque étape
- Commencez par identifier le type de blocage pour choisir la bonne suite
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Mis à jour mars 2026 · Ce guide est à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Voir tous les guides

Comment choisir entre médiation et conciliation