Ce guide concerne un produit défectueux acheté auprès d'un vendeur professionnel, dont vous demandez la réparation ou le remplacement au titre de la garantie légale de conformité. Cette garantie oblige le vendeur à fournir un produit conforme à ce qui a été vendu et à l'usage attendu : elle ne dépend pas d'une garantie commerciale payante.
Une réparation payante confiée à un réparateur indépendant ou une panne relevant uniquement d'une garantie commerciale se traite selon d'autres règles. En cas de doute, consultez le guide simple de la garantie légale.
À partir de quand compter les 30 jours ?
Retrouvez la date à laquelle vous avez demandé au vendeur de réparer ou remplacer le produit. C'est le point de départ prévu par l'article L.217-10 du Code de la consommation. La « mise en conformité » désigne le fait de vous fournir un bien conforme, pas simplement d'ouvrir un dossier SAV.
Le début du diagnostic, la commande d'une pièce ou le transfert à un autre atelier ne constituent pas une nouvelle demande de votre part. Le SAV ne peut pas retenir ces dates à la place de votre demande initiale.
Exemple de calcul : vous demandez la réparation le 2 septembre. Le 2 octobre, 30 jours se sont écoulés, même si le diagnostic n'a commencé que le 12 septembre. Comparez les dates ; ne comptez pas uniquement les jours d'ouverture de l'atelier.
Conservez l'e-mail, le formulaire SAV ou le ticket de dépôt qui date votre demande. Vous devez aussi mettre le bien à la disposition du vendeur pour permettre la réparation ou le remplacement (article L.217-9). Gardez donc la preuve de dépôt ou d'envoi ; si demande et dépôt ont eu lieu à des dates différentes, précisez les deux.
Si vous avez seulement appelé pour connaître les horaires du SAV, la demande de réparation n'est pas forcément établie. Confirmez-la par écrit. Si vous avez contacté directement le fabricant, vérifiez que le vendeur a bien reçu votre demande : vendeur ou fabricant, qui est responsable ?.
Que se passe-t-il après 30 jours ?
Vous pouvez demander une autre solution au vendeur. L'article L.217-14 prévoit une réduction du prix ou l'annulation de la vente lorsque la mise en conformité dépasse ce délai. Vous n'avez pas à vous contenter indéfiniment de « la réparation est en cours ».
Le remboursement n'est toutefois pas automatique : il faut informer le vendeur de votre choix et respecter les conditions de ce recours, notamment sur la gravité du défaut pour annuler la vente.
Que demander au vendeur ?
Adressez votre demande au vendeur figurant sur la facture, même s'il fait intervenir le SAV du fabricant. Dans les cas de l'article L.217-14, deux solutions sont possibles :
- Garder le produit et demander une réduction du prix. Vous récupérez une partie du prix, proportionnelle à la différence entre la valeur du produit reçu et sa valeur sans défaut (article L.217-15). Ce n'est pas un forfait automatique pour chaque jour de retard.
- Annuler la vente et demander le remboursement. C'est la « résolution du contrat » : vous restituez le bien aux frais du vendeur, qui rembourse le prix payé (article L.217-16). Ce recours est exclu si le défaut est mineur ; c'est au vendeur de démontrer ce caractère mineur.
Pour approfondir ce choix, voyez quand un remboursement devient possible. Vous pouvez aussi demander une date ferme de réparation ou un remplacement si vous souhaitez encore obtenir un produit conforme.
Écrire au vendeur, puis formaliser si nécessaire
- Rassemblez les dates et les preuves. Date de la demande, dépôt ou envoi, référence SAV et échanges utiles.
- Écrivez une demande précise. Décrivez la panne, le délai écoulé ou l'échec de la réparation, puis indiquez la solution choisie. Gardez une copie et une preuve de l'envoi.
- En cas de refus ou de silence, envisagez une mise en demeure. Elle formule plus officiellement ce que vous exigez du vendeur, avec un délai pour agir. Un recommandé avec avis de réception permet de documenter l'envoi et la réception.
Une demande à adapter vous-même
Voici une base pour un délai dépassé. Remplacez les crochets et conservez uniquement la solution correspondant à votre situation :
Bonjour, je vous ai demandé le [date] de réparer ou remplacer [produit, référence d'achat] au titre de la garantie légale de conformité. Le produit a été [déposé/envoyé] le [date], sous la référence SAV [référence]. Plus de 30 jours se sont écoulés sans mise en conformité. Sur le fondement de l'article L.217-14 du Code de la consommation, je vous informe de ma décision de [demander une réduction du prix / annuler la vente et obtenir le remboursement contre restitution du bien]. Merci de me confirmer les modalités de cette solution par écrit.
Vous préférez être guidé ? Préparer ma demande gratuite avec JMD : quelques questions sur votre SAV permettent de vérifier les éléments utiles et de préparer un message adapté. Vous pouvez aussi utiliser librement le modèle ci-dessus.
Réclamation ou mise en demeure : quelle différence ?
La réclamation explique le problème et demande une solution au vendeur. Une mise en demeure l'appelle formellement à respecter ses obligations ; son contenu doit exprimer clairement cette exigence (article 1344 du Code civil). Une simple demande de nouvelles du SAV n'a pas la même portée.
Avec JMD, le message personnalisé est gratuit. Si une démarche formelle est pertinente, vous pouvez ensuite choisir une mise en demeure à 9,90 €, ou sa préparation et son envoi tout compris à 21,90 €. Vous pouvez aussi rédiger et envoyer vous-même votre courrier ; payer JMD n'est pas une condition pour faire valoir vos droits.
Le SAV ne répond plus
Écrivez au vendeur, même si vos relances précédentes visaient le fabricant ou l'atelier. Rappelez la référence du dossier et les dates ; demandez la solution applicable plutôt que seulement des nouvelles. Le silence seul ne rend pas le remboursement automatique : vérifiez le délai écoulé, l'échec de la réparation ou l'inconvénient subi.
Si le blocage persiste, consultez les démarches après une mise en demeure sans réponse.
Et avant 30 jours ?
L'article L.217-10 ne parle pas seulement de délai. La mise en conformité doit aussi intervenir sans inconvénient majeur pour le consommateur, compte tenu de la nature du bien et de l'usage recherché.
Une immobilisation très pénalisante peut donc justifier une réduction du prix ou l'annulation de la vente avant le trentième jour, selon les conditions de l'article L.217-14. Expliquez ce que l'absence du produit vous empêche de faire, les solutions de remplacement disponibles et les contraintes subies. Une gêne ordinaire ne suffit pas à établir un inconvénient majeur.
Une réparation échouée compte aussi. Si le même défaut persiste après une tentative de réparation, vous pouvez invoquer cette tentative infructueuse sans attendre un nouveau délai de 30 jours. Gardez le compte rendu d'intervention et une preuve du défaut. Une panne différente demande une analyse distincte : toute nouvelle panne ne prouve pas l'échec de la première réparation.
Votre produit présente toujours la même panne après réparation ? Découvrez vos recours.
Le refus de toute mise en conformité ou un défaut suffisamment grave peuvent également ouvrir ces recours. Il n'est donc pas nécessaire, dans toutes les situations, d'attendre 30 jours ou d'accepter plusieurs réparations successives.
La « règle des 21 jours » : un repère, pas une règle légale
Le délai maximal de la garantie légale de conformité est de 30 jours, pas de 21 jours. Certains vendeurs ou marques annoncent une réparation « en 21 jours » : vérifiez les conditions de cet engagement commercial.
Cet engagement ne remplace pas les règles légales. À 21 jours, son non-respect peut justifier une réclamation fondée sur ce qui a été promis. Pour les recours de l'article L.217-14, vérifiez le dépassement des 30 jours ou l'un des autres motifs expliqués ci-dessus.
30 jours est un plafond, pas un délai que le vendeur peut systématiquement imposer. La réparation doit aussi rester raisonnable et ne pas vous causer d'inconvénient majeur.
Que prouver ?
Un dossier clair permet de montrer le retard ou l'échec de la réparation. Gardez :
- L'achat et le défaut : facture ou ticket de caisse, description de la panne, photos ou vidéo utiles.
- La chronologie : demande datée, preuve de dépôt ou d'envoi, référence du dossier, SMS et e-mails, dates des reports et du retour du bien.
- L'intervention : compte rendu du SAV et éléments montrant que le même défaut persiste ou revient.
- Les conséquences : frais, déplacements, absence de solution de remplacement et impact concret sur votre quotidien si vous invoquez un inconvénient majeur.
Notez les appels avec leur date, puis confirmez les engagements importants par écrit. Pour la rédaction, consultez aussi comment écrire au vendeur.
Si la réparation finit par réussir
En droit français actuellement en vigueur, l'article L.217-13 prévoit qu'un bien réparé dans le cadre de la garantie légale de conformité bénéficie d'une extension de six mois.
La directive européenne 2024/1799 prévoit une extension d'un an après transposition. Service-Public a cependant précisé le 10 septembre 2026 que la transposition française est toujours en cours : la future extension d'un an ne doit donc pas encore être présentée comme un droit pleinement applicable en France.
Exemples concrets
Aspirateur déposé depuis 6 semaines sans nouvelle
Le SAV avait annoncé 2 à 3 semaines mais aucune date de retour n'est donnée après plus d'un mois.
Rappelez la date de votre demande et choisissez entre garder le bien avec une réduction du prix ou annuler la vente, si le défaut n’est pas mineur.
Téléphone rendu puis retombé en panne
Le téléphone revient du SAV mais le même défaut réapparaît quelques jours plus tard.
Conservez le compte rendu de réparation et une preuve du défaut persistant. Une tentative infructueuse peut suffire pour demander une réduction du prix ou l’annulation de la vente, sous les conditions de l’article L.217-14.
Lave-linge immobilisé depuis 25 jours avec frais importants
Sans appareil de remplacement, une famille doit payer plusieurs passages en laverie et organiser des déplacements répétés.
Joignez les justificatifs des frais et expliquez les contraintes. Un inconvénient majeur s’apprécie selon l’usage du bien et votre situation ; le seul nombre de jours ne suffit pas.
Ce que dit souvent le vendeur
Textes de référence
- L.217-10Art. L.217-10 : délai de 30 jours et absence d’inconvénient majeur
- L.217-11Art. L.217-11 : mise en conformité sans frais
- L.217-13Art. L.217-13 : extension actuelle après réparation
- L.217-14Art. L.217-14 : réduction du prix ou résolution du contrat
- L.217-9Art. L.217-9 : demande au vendeur et mise à disposition du bien
- L.217-15Art. L.217-15 : calcul de la réduction du prix
- L.217-16Art. L.217-16 : restitution du bien et remboursement
- 1344 C.civArt. 1344 du Code civil : mise en demeure
- Service-Public : garantie légale de conformité
- Service-Public : réforme européenne de la réparation, mise à jour le 10 septembre 2026
Ce que vous pouvez faire maintenant
Préparez un message adapté à votre SAV.
Répondez à quelques questions sur les dates, la panne et les réponses du SAV. JMD vous aide à vérifier votre situation et à préparer un message gratuit adapté à envoyer au vendeur.
Sans compte ni paiement pour le message · mise en demeure facultative ensuite.
Voir aussi
- →Produit défectueux : que faire contre le vendeur ?
- →Vendeur qui refuse de rembourser : que faire ?
- →Vendeur ou fabricant : qui doit prendre en charge la panne ?
- →Téléphone en panne sous garantie : batterie, charge, écran… que faire ?
- →Voiture d'occasion en panne après achat : quels recours contre le garage ?
- →Modèle de lettre au vendeur : réclamation et mise en demeure (produit défectueux)
- →Garantie légale de conformité : vos droits face au vendeur
- →Même panne après réparation : remboursement ou nouveau SAV ?
Mis à jour 14 octobre 2026 · Ce guide est à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Voir tous les guides
