Le vendeur impose la réparation : pouvez-vous exiger un remplacement ?
Réponse rapide
En garantie légale de conformité, le consommateur demande la mise en conformité en choisissant en principe entre réparation et remplacement. Le vendeur peut écarter ce choix si la solution demandée est impossible ou entraîne des coûts disproportionnés au regard notamment de la valeur du bien, de l’importance du défaut et de l’autre solution possible. Son refus doit alors être motivé par écrit ou sur un support durable. La mise en conformité doit être gratuite, réalisée dans un délai raisonnable ne dépassant pas 30 jours et sans inconvénient majeur. Si le vendeur refuse toute mise en conformité, dépasse ce délai, vous fait supporter des frais ou si le défaut persiste après une tentative infructueuse, une réduction du prix ou la résolution du contrat peut devenir possible.
La marche Ă suivre
- Demander clairement réparation ou remplacement par écrit
- Exiger la motivation écrite si le vendeur écarte votre choix
- Dater la demande de mise en conformité
- Vérifier qu’aucun frais ne vous est imposé
- Suivre le délai de 30 jours et documenter l’inconvénient subi
- Réévaluer réduction du prix ou résolution si les conditions légales sont réunies
Ce guide vous concerne si
- ✓Le produit est non conforme ou défectueux et a été acheté à un professionnel
- ✓Vous demandez un remplacement mais le vendeur impose une réparation
- ✓Le vendeur propose un échange avec supplément
- ✓Une première réparation a échoué ou le délai se prolonge
Attention si
- !Un simple changement d’avis sans défaut de conformité
- !Un achat entre particuliers
- !Une garantie commerciale dont les règles sont seules invoquées
Le vendeur vous répond : « notre procédure, c’est réparation uniquement ». Cette réponse peut donner l’impression qu’il décide seul. Ce n’est pas le principe posé par la garantie légale de conformité.
Qui choisit entre réparation et remplacement ?
L’article L.217-9 prévoit que le consommateur demande la mise en conformité en choisissant entre réparation et remplacement.
Cela ne signifie pas que le vendeur doit toujours exécuter exactement le choix demandé. Mais il ne peut pas l’écarter simplement parce que son SAV préfère une autre procédure.
Quand le vendeur peut refuser votre choix
L’article L.217-12 permet au vendeur de ne pas suivre le choix du consommateur lorsque la solution demandée est impossible ou entraîne des coûts disproportionnés, notamment au regard :
- de la valeur qu’aurait le bien sans défaut ;
- de l’importance du défaut ;
- et de la possibilité de recourir à l’autre solution sans inconvénient majeur pour le consommateur.
Le point pratique est important : le refus du choix demandé doit être motivé par écrit ou sur support durable.
Une phrase comme « on ne fait jamais de remplacement » n’est donc pas, à elle seule, l’analyse juridique attendue.
Le délai de 30 jours et l’inconvénient majeur
Quelle que soit la modalité retenue, la mise en conformité doit :
- intervenir dans un délai raisonnable ne dépassant pas 30 jours suivant votre demande ;
- ne pas vous causer d’inconvénient majeur compte tenu du bien et de l’usage recherché ;
- être réalisée sans frais.
Si votre situation concerne surtout un SAV qui s’éternise, consultez Réparation trop longue : le délai de 30 jours.
Échange avec supplément
Le vendeur peut proposer un autre modèle lorsque le produit initial n’est plus disponible. Mais la garantie légale ne doit pas devenir un prétexte pour vous imposer un reste à charge.
Si l’échange proposé suppose un supplément :
- demandez pourquoi votre choix initial ne peut pas être exécuté ;
- demandez s’il existe une solution de mise en conformité sans frais ;
- faites préciser par écrit ce qui relève de la garantie et ce qui relèverait d’un choix volontaire de montée en gamme de votre part.
Quand demander autre chose
L’article L.217-14 prévoit notamment une réduction du prix ou une résolution du contrat lorsque :
- le professionnel refuse toute mise en conformité ;
- la mise en conformité dépasse 30 jours ou vous cause un inconvénient majeur ;
- certains frais restent définitivement à votre charge ;
- ou la non-conformité persiste malgré une tentative de mise en conformité restée infructueuse.
Un défaut suffisamment grave peut également permettre de passer directement à ces remèdes dans les conditions prévues par la loi.
L’objectif n’est donc pas de refuser toute réparation par principe. Il est de vérifier si la solution imposée respecte réellement votre choix, les limites légales, le délai et la gratuité.
Exemples concrets
Téléphone neuf remplacable, mais réparation imposée sans explication
Le vendeur refuse le remplacement demandé et répond seulement que « la procédure SAV impose une réparation ».
Demandez la motivation écrite du refus de votre choix. Une procédure interne ne suffit pas : le vendeur doit pouvoir rattacher son refus aux critères légaux d’impossibilité ou de coût disproportionné.
Réparation qui dépasse 30 jours
L’appareil est au SAV depuis plus d’un mois sans solution effective.
Le dépassement du délai maximal de mise en conformité peut ouvrir le droit à une réduction du prix ou à la résolution du contrat.
Même défaut après une réparation
Le produit revient du SAV puis présente à nouveau la même non-conformité.
La persistance de la non-conformité malgré une tentative de mise en conformité infructueuse fait partie des cas visés par l’article L.217-14.
Remplacement accepté mais avec 80 euros de supplément
Le vendeur n’a plus le modèle initial et propose un modèle de remplacement plus cher avec reste à charge.
La mise en conformité doit être sans frais. Demandez si une solution conforme équivalente peut être fournie sans supplément et exigez une justification écrite de toute autre proposition.
Ce que dit souvent le vendeur
Textes de référence
- L.217-9Art. L.217-9 : choix entre réparation et remplacement
- L.217-10Art. L.217-10 : délai maximal de 30 jours et absence d’inconvénient majeur
- L.217-11Art. L.217-11 : mise en conformité sans frais
- L.217-12Art. L.217-12 : refus du choix, disproportion et motivation écrite
- L.217-14Art. L.217-14 : réduction du prix ou résolution
- DGCCRF : garanties légales de conformité et vices cachés
Ce que vous pouvez faire maintenant
Votre situation est probablement couverte.
- Une procédure SAV interne ne remplace pas les critères légaux
- Le refus de votre choix doit pouvoir être expliqué et motivé
- Les 30 jours se comptent à partir de votre demande de mise en conformité
Voir aussi
Mis à jour 19 août 2026 · Ce guide est à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Voir tous les guides
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