Votre produit est défectueux : que faire concrètement ?
En 30 secondes
Face à un produit défectueux, non conforme ou incomplet acheté chez un professionnel, la garantie légale de conformité (art. L.217-3 du Code de la consommation) vous donne 2 ans pour agir à compter de la délivrance. Pendant les 24 premiers mois après un achat neuf, vous n'avez pas à prouver l'origine technique du défaut : c'est au vendeur de démontrer qu'il n'en existe pas. Vous pouvez demander la réparation ou le remplacement, au choix, sans frais et sous 30 jours maximum (art. L.217-10). Si la mise en conformité échoue, est refusée ou cause un inconvénient majeur, vous pouvez demander une réduction du prix ou l'annulation de la vente avec remboursement intégral (art. L.217-14). Un simple écrit factuel au vendeur suffit pour initier la démarche. Rassemblez la preuve d'achat, des photos du défaut, la fiche produit et vos échanges avec le vendeur. Vous n'avez pas besoin d'une expertise pour commencer.
La marche à suivre
- Identifier clairement le défaut ou l'écart avec la promesse de vente
- Réunir les preuves simples : preuve d'achat, photos, échanges, dates
- Contacter le vendeur et demander la réparation ou le remplacement
- Surveiller que la mise en conformité intervient sous 30 jours
- Passer à l'écrit si le vendeur temporise ou répond à côté
- Demander la réduction du prix ou le remboursement si les conditions sont réunies
Un produit défectueux n'est pas seulement un produit cassé. C'est aussi un bien qui ne correspond pas à ce qui a été vendu, qui tombe en panne anormalement vite, qui manque d'un élément indispensable ou qui ne permet pas l'usage attendu.
Si votre achat date de moins de 2 ans et que le problème porte sur un bien vendu par un professionnel, il n'est pas trop tard pour agir.
Le fondement légal à connaître
La garantie légale de conformité (art. L.217-3 et suivants du Code de la consommation) oblige le vendeur professionnel à délivrer un bien conforme. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez obtenir :
- d'abord la réparation ou le remplacement : au plus tard sous 30 jours, sans frais ;
- puis, si nécessaire, la réduction du prix ou le remboursement.
Vous n'avez pas besoin d'un avocat pour commencer. La première étape, c'est juste de qualifier correctement votre problème.
Êtes-vous sur le bon terrain ?
Posez-vous ces cinq questions :
- Avez-vous acheté à un professionnel (magasin, site marchand, marketplace) ?
- Le problème porte-t-il sur un bien (pas un service) ?
- Le défaut ou l'écart est-il apparu dans un délai cohérent ?
- Le bien est-il non conforme à ce qui a été promis ou à l'usage normalement attendu ?
- Pouvez-vous réunir quelques preuves simples ?
Si vous répondez oui à ces cinq questions, vous avez probablement un dossier sérieux à instruire.
Dire seulement « mon produit a un problème » n'est pas assez précis. Il faut qualifier le type de défaut.
A. Panne ou dysfonctionnement
- machine qui fuit, téléphone qui ne charge plus, écran qui se fige, aspirateur qui s'arrête seul.
B. Non-conformité à la description
- produit vendu « neuf » ou « excellent état » avec traces ou rayures visibles ;
- ordinateur avec caractéristiques différentes de la fiche ;
- lot ou accessoires annoncés mais absents.
C. Usage promis impossible
- téléviseur censé avoir une fonction qui n'existe pas réellement ;
- objet connecté inutilisable faute de mise à jour nécessaire ;
- appareil qui ne fonctionne pas comme un consommateur peut raisonnablement l'attendre.
D. Défaut contesté ou minimisé
- le vendeur parle d'usure normale ;
- il invoque une mauvaise utilisation sans l'expliquer ;
- il renvoie vers le fabricant pour éviter de traiter le fond.
Quelles preuves garder ?
Vous n'avez pas à constituer un dossier d'expert. Il faut surtout des preuves simples, datées et lisibles.
Gardez au minimum :
- la preuve d'achat ;
- la fiche produit ou la capture d'écran de l'annonce ;
- des photos ou vidéos du défaut ;
- vos échanges avec le vendeur ou le SAV ;
- les rapports d'intervention s'il y en a ;
- les dates importantes : achat, apparition du défaut, dépôt SAV, relances.
À retenir : pendant les 24 premiers mois après un achat neuf, vous n'avez pas à prouver l'origine technique du défaut. Le vendeur doit démontrer que ce n'est pas un défaut de conformité.
Le bon réflexe
Conservez ce qui permet de répondre à trois questions : qu'avez-vous acheté, qu'avez-vous reçu, qu'est-ce qui ne va pas.
Que pouvez-vous demander, et dans quel ordre ?
L'erreur la plus fréquente : demander immédiatement un remboursement avant d'avoir qualifié l'étape du dossier.
1. Demander la mise en conformité
Vous pouvez demander la réparation ou le remplacement (art. L.217-8). C'est le premier niveau. Le choix entre les deux vous appartient en principe, sauf coût manifestement disproportionné.
2. Vérifier si la solution proposée est sérieuse
- est-elle réellement possible ?
- est-elle annoncée clairement avec un délai ?
- vous cause-t-elle un inconvénient majeur (longue immobilisation, frais de déplacement, etc.) ?
3. Escalader si nécessaire
Si la mise en conformité est refusée, impossible, trop lente ou cause un inconvénient majeur, vous pouvez demander (art. L.217-14) :
- la réduction du prix ;
- ou la résolution du contrat : c'est-à-dire l'annulation de la vente avec remboursement.
Quand passer à l'écrit ?
Le passage à l'écrit devient nécessaire dès que :
- le vendeur temporise ou change de version d'un interlocuteur à l'autre ;
- le SAV répond à côté ou vous renvoie vers la marque ;
- on vous impose un avoir ou une réparation sans calendrier précis ;
- la situation sort du simple échange informel.
Votre écrit doit rappeler : la date d'achat, le produit, le défaut, les démarches déjà faites, la solution demandée.
Un écrit clair et court est souvent plus efficace qu'un long récit. Ce n'est pas un acte d'accusation : c'est une mise au point.
Quand le dossier bascule-t-il ?
Tant que le vendeur examine sérieusement votre demande, vous êtes dans une phase normale.
Le dossier bascule lorsque :
- le vendeur ne répond plus ou refuse sans motiver ;
- il vous renvoie de service en service ;
- la réparation traîne au-delà de 30 jours ;
- le produit revient avec le même défaut ;
- la seule réponse proposée est un avoir ou une retenue que vous ne comprenez pas.
À partir de là, une mise en demeure écrite s'impose.
Situations fréquentes
Défaut esthétique non annoncé
Vous pouvez agir si le produit n'est pas conforme à la description ou à l'état promis : même si le défaut n'empêche pas totalement l'usage.
Preuves utiles : photos immédiates à réception, annonce ou fiche produit, grade affiché, échanges sur l'état.
Produit incomplet
Un chargeur absent, une télécommande manquante, une pièce de fixation oubliée : un produit incomplet peut être non conforme sans être cassé.
Électroménager
Lourd et coûteux à déplacer : le SAV joue souvent sur l'attente. Datez précisément chaque immobilisation. Rappeler le délai de 30 jours suffit souvent à débloquer la situation.
Vêtement ou chaussure défectueux
Le fait qu'un article soit porté ne neutralise pas la discussion. Ce qui compte : l'usage normal attendu, le délai d'apparition du défaut, l'écart entre la qualité promise et le résultat réel.
Si le dossier se bloque
Quand le vendeur ne bouge plus malgré un écrit, plusieurs recours existent :
- SignalConso : signalement officiel DGCCRF
- Conciliateur de justice : gratuit
- Médiation de la consommation : souvent accessible via le site du vendeur
- INC : conseils pratiques
- Centre Européen des Consommateurs France : si le vendeur est dans un autre pays de l'UE
Exemples concrets
Téléphone qui ne charge plus après 4 mois
Panne survenue 4 mois après l'achat. Le vendeur propose un devis de réparation payant.
La garantie légale s'applique. Demandez la réparation sans frais. Si refus, passez à l'écrit et mettez en demeure.
Lave-vaisselle immobilisé depuis plus de 5 semaines
Le SAV a accepté la prise en charge mais aucune date de retour n'a été communiquée.
Le délai de 30 jours est dépassé (art. L.217-10). Demandez par écrit le remplacement ou la résolution du contrat.
Chaussures décollées après 2 semaines
Le vendeur invoque une mauvaise utilisation, sans explication.
Photos + ticket de caisse + description de l'usage normal. Demandez une réponse écrite circonstanciée.
Téléphone reconditionné : état bien inférieur à l'annonce
Grade affiché : « Très bon état ». Rayures visibles et batterie quasi vide à la livraison.
Non-conformité à la description. Comparez fiche produit et photos à réception. Demandez échange ou remboursement.
Casque livré sans son adaptateur indispensable
L'adaptateur figurait dans la fiche produit. Le vendeur dit qu'il n'est « pas essentiel ».
Un produit incomplet peut être non conforme. Montrez la fiche. Demandez la fourniture de l'accessoire ou le remplacement.
Ordinateur livré avec une config différente de la commande
Le bon de commande indiquait 16 Go de RAM. La machine livrée en a 8.
Non-conformité claire. Comparez commande, fiche et machine reçue. Demandez le remplacement ou la résolution du contrat.
Ce que dit souvent le vendeur
Textes de référence
- L.217-3Art. L.217-3 : obligation de délivrance conforme
- L.217-8Art. L.217-8 : réparation ou remplacement
- L.217-10Art. L.217-10 : délai de 30 jours maximum
- L.217-11Art. L.217-11 : sans frais pour le consommateur
- L.217-14Art. L.217-14 : réduction du prix ou résolution du contrat
- Fiche Service-public.fr : garantie légale de conformité
- Fiche DGCCRF : droits des consommateurs
Ce que vous pouvez faire maintenant
Votre situation est probablement couverte.
- Votre situation est peut-être couverte par la garantie légale de conformité
- Vous n'avez pas besoin de rédiger seul : l'outil génère la lettre adaptée
- L'outil vous guide étape par étape selon votre cas précis
- Vous pouvez vérifier votre éligibilité et passer à l'action maintenant
Voir aussi
- →Le vendeur refuse de vous rembourser
- →Comment prouver qu'un produit est défectueux
- →Vendeur ou fabricant : qui est responsable ?
- →La réparation dure trop longtemps
- →Produit reconditionné défectueux : que faire ?
- →On vous propose un remboursement partiel
- →Le vendeur conteste le défaut : mauvaise utilisation, panne normale, usage contesté
- →Achat sur une marketplace : qui est responsable ?
Mis à jour avril 2026 · Ce guide est à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Voir tous les guides

Comment nommer correctement le problème ?