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Vous pouvez agir

Garantie légale de conformité : vos droits face au vendeur

Par Richard TurceyMis à jour le 10 septembre 202610 sources vérifiées

Réponse rapide

La garantie légale de conformité protège le consommateur lorsqu'un bien acheté auprès d'un professionnel est défectueux, incomplet ou différent de ce qui était promis. Le vendeur doit en principe proposer une réparation ou un remplacement sans frais. Si la mise en conformité est refusée, impossible, trop longue ou échoue, une réduction du prix ou la résolution de la vente peut devenir possible.

Défaut apparaissant dans les 2 ansVendeur professionnel responsableRéparation ou remplacement sans frais30 jours maximum pour la mise en conformité

La marche à suivre

  1. Vérifier que l'achat a été effectué auprès d'un vendeur professionnel
  2. Identifier le défaut ou l'écart avec ce qui était promis
  3. Rassembler la preuve d'achat, les photos et les échanges utiles
  4. Demander la réparation ou le remplacement au vendeur
  5. Surveiller le délai de 30 jours pour la mise en conformité
  6. Passer à l'écrit si le vendeur refuse, temporise ou ne règle pas le problème

Ce guide vous concerne si

  • ✓Vous avez acheté un bien auprès d'un professionnel
  • ✓Le bien est en panne, incomplet ou différent de la description
  • ✓Vous voulez savoir quoi demander au vendeur et dans quel ordre

Attention si

  • !Achat entre particuliers
  • !Simple changement d'avis sans défaut
  • !Litige portant uniquement sur un service hors régime de conformité

La garantie légale de conformité est le principal mécanisme à connaître lorsqu'un bien acheté auprès d'un professionnel est défectueux, incomplet ou différent de ce qui était promis. Elle existe indépendamment d'une garantie constructeur ou d'une extension commerciale.

Ce que la loi protège

L'article L.217-3 du Code de la consommation impose au vendeur de délivrer un bien conforme au contrat. La conformité ne signifie pas seulement « le produit s'allume ». Le bien doit aussi correspondre à la description, aux qualités promises et à l'usage normalement attendu.

L'article L.217-5 précise notamment les critères permettant d'apprécier cette conformité.

Qui peut utiliser cette garantie ?

Le cadre le plus courant est simple :

  • vous agissez comme consommateur ;
  • vous avez acheté auprès d'un vendeur professionnel ;
  • le litige porte sur un bien neuf, d'occasion ou reconditionné.

Les biens comportant des éléments numériques sont également couverts par des règles de conformité, notamment lorsque des mises à jour nécessaires font défaut.

Un achat entre particuliers relève d'un autre cadre juridique, notamment de la garantie des vices cachés lorsque ses conditions sont réunies.

Quels défauts sont couverts ?

Un défaut de conformité peut notamment être :

  • une panne anormalement rapide ;
  • un produit différent de sa description ;
  • une caractéristique annoncée absente ;
  • un bien incomplet ;
  • une qualité ou une performance promise qui n'est pas au rendez-vous ;
  • un élément numérique ou une mise à jour nécessaire qui empêche l'usage attendu.

Le défaut n'a donc pas besoin de rendre le bien totalement inutilisable.

Combien de temps avez-vous pour agir ?

Il faut distinguer le délai d'apparition du défaut et la prescription de l'action. Les confondre conduit à une règle juridiquement inexacte.

L'article L.217-3 prévoit que le vendeur répond des défauts de conformité qui apparaissent dans les deux ans suivant la délivrance du bien. Il précise aussi que ce délai de garantie s'applique sans préjudice des règles de prescription des articles 2224 et suivants du Code civil, et que le point de départ de la prescription de l'action du consommateur est le jour où celui-ci a connaissance du défaut de conformité.

Autrement dit : il ne faut pas présenter « deux ans après la livraison » comme le point de départ ou la durée autonome de la prescription de l'action. Le délai de deux ans sert d'abord à déterminer si le défaut est apparu pendant la période couverte par la garantie de conformité.

Quelle preuve faut-il apporter ?

La question de la preuve est distincte. L'article L.217-7 prévoit une présomption favorable au consommateur :

  • pour un bien neuf, un défaut apparaissant dans les 24 mois est en principe présumé exister au moment de la délivrance ;
  • pour un bien d'occasion, cette présomption joue en principe pendant 12 mois.

Cette présomption ne signifie pas que tout défaut est automatiquement couvert. Elle évite en revanche de faire peser immédiatement sur le consommateur toute la démonstration technique de l'origine du problème.

Que pouvez-vous demander au vendeur ?

La première étape est la mise en conformité. L'article L.217-8 permet au consommateur de demander la réparation ou le remplacement du bien.

Le choix appartient en principe au consommateur, sous réserve notamment d'une impossibilité ou d'un coût manifestement disproportionné au regard de l'autre solution. Si le vendeur écarte le choix ou refuse la mise en conformité, il doit respecter les règles de motivation prévues par le Code.

La mise en conformité doit être sans frais pour le consommateur.

Le délai de 30 jours

L'article L.217-10 impose une mise en conformité dans un délai raisonnable qui ne peut pas dépasser 30 jours suivant la demande du consommateur, et sans inconvénient majeur pour lui.

Une pièce indisponible, un réparateur surchargé ou un fabricant lent peuvent expliquer un retard sur le plan pratique ; ils ne font pas disparaître ce délai légal.

Réforme européenne : ce qui va changer

La directive européenne 2024/1799 visant à promouvoir la réparation des biens devait être transposée par les États membres au plus tard le 31 juillet 2026. Toutefois, Service-Public a précisé le 10 septembre 2026 que les travaux de transposition sont encore en cours en France et que ces nouvelles dispositions ne sont donc pas encore pleinement applicables en droit français.

En conséquence, au 10 septembre 2026, l'article L.217-13 en vigueur continue de prévoir une extension de six mois pour un bien réparé au titre de la garantie légale de conformité.

Après transposition, la réforme doit notamment porter cette extension à un an lorsque le consommateur choisit la réparation, et instaurer pour certaines catégories de produits techniquement réparables un droit distinct à demander au fabricant une réparation après expiration de la garantie légale, à un prix et dans un délai raisonnables.

Ces futures règles sont utiles à connaître, mais elles ne doivent pas encore être présentées à un consommateur français comme des droits actuellement opposables au vendeur ou au fabricant.

Quand demander un remboursement ?

Le remboursement n'est pas automatiquement la première étape. L'article L.217-14 ouvre, selon les cas, la voie à une réduction du prix ou à la résolution du contrat lorsque notamment :

  • le vendeur refuse la mise en conformité ;
  • la mise en conformité est impossible ;
  • elle dépasse le délai de 30 jours ou cause un inconvénient majeur ;
  • le défaut persiste malgré une tentative de mise en conformité ;
  • le défaut est suffisamment grave pour justifier une solution immédiate.

La résolution du contrat correspond à l'annulation de la vente avec restitution du bien et remboursement du prix. Elle n'est pas ouverte lorsque le défaut est mineur au sens du texte.

Quelles preuves garder ?

Conservez un dossier simple et daté :

  • preuve d'achat et date de délivrance ;
  • fiche produit, annonce ou caractéristiques promises ;
  • photos ou vidéos du défaut ;
  • échanges avec le vendeur et le SAV ;
  • dates de dépôt, d'envoi, de retour et de nouvelle panne ;
  • comptes rendus de diagnostic ou de réparation.

Quand passer à l'écrit ?

Passez à l'écrit dès que le vendeur refuse, change de version, vous renvoie vers le fabricant sans traiter votre demande, ou lorsque le délai commence à devenir litigieux.

Un bon message rappelle la date d'achat, le produit, le défaut, les démarches déjà effectuées, le fondement invoqué et la solution demandée. Demandez une réponse écrite et motivée si le vendeur maintient son refus.

Si le dossier reste bloqué, vous pouvez ensuite envisager selon le cas une mise en demeure, SignalConso, la médiation de la consommation, un conciliateur de justice ou une action judiciaire.

Exemples concrets

Lave-linge en panne 4 mois après l'achat

Le vendeur propose un devis payant en invoquant la fin de la garantie constructeur.

Le défaut est apparu dans le délai légal de 2 ans. Demandez au vendeur la mise en conformité sans frais au titre de la garantie légale.

Téléphone reconditionné en mauvais état à réception

Le grade affiché était « Très bon état », mais l’écran est rayé et la batterie présente une autonomie anormalement faible dès la réception.

Comparez la fiche produit et l’état reçu, documentez immédiatement le défaut et demandez la mise en conformité au vendeur.

Réparation SAV qui dépasse 30 jours

Le SAV a accepté la prise en charge mais le bien reste immobilisé depuis plus d'un mois.

Le délai maximal de mise en conformité est dépassé. Vérifiez si une réduction du prix ou la résolution du contrat peut être demandée.

Ordinateur livré avec 8 Go de RAM au lieu de 16 Go

La configuration reçue ne correspond pas à celle figurant sur la commande.

Il s’agit d’une non-conformité à la description. Demandez la mise en conformité ou le remplacement.

Ce que dit souvent le vendeur

“Voyez directement avec le fabricant.
Pendant la garantie légale de conformité, le vendeur est votre interlocuteur juridique principal. Il peut organiser le SAV avec le fabricant, mais ne peut pas simplement se décharger sur lui.
“Votre garantie magasin est finie.
La garantie commerciale du magasin est distincte de la garantie légale. La fin de la première n’efface pas les droits liés aux défauts de conformité apparaissant dans les deux ans suivant la délivrance.
“On ne rembourse pas.
Le remboursement n’est pas toujours le premier remède, mais la résolution du contrat peut devenir possible dans les cas prévus par l’article L.217-14.
“Il faut une expertise à vos frais d'abord.
Une expertise payante ne peut pas être imposée comme préalable automatique. La présomption d’antériorité du défaut joue en principe pendant 24 mois pour le neuf et 12 mois pour l’occasion.

Ce que vous pouvez faire maintenant

Votre situation est probablement couverte.

  • Le délai de 2 ans concerne l'apparition du défaut et ne doit pas être confondu avec le point de départ de la prescription de l'action
  • Le vendeur professionnel est l'interlocuteur principal pendant la garantie légale de conformité
  • La réparation ou le remplacement doit être sans frais et intervenir dans un délai maximal de 30 jours
  • L'outil vous aide à vérifier votre situation et à préparer la demande adaptée

Mis à jour 10 septembre 2026 · Ce guide est à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Voir tous les guides

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